La guerre du choix

L'effrayant fracas des armes, l'insoutenable rayonnement nucléaire ne sont que l'émergence actuelle d'une guerre, par ailleurs silencieuse et invisible, qui débuta à la création du monde et se terminera à la fin des temps..

Si étrange que cela puisse paraître, la cause première de ce drame fut une contestation sur le mode de création de l'univers, mode que les créatures eurent le choix d'accepter ou de refuser et pour lequel il y eut bataille entre les tenants du oui et ceux du non.

La contestation

Son territoire Son territoire, c'est l'univers tout entier dont on rappelle la structure selon le Credo : le Christ, alors dans l'univers visible, est descendu aux enfers puis, revenu dans l'univers visible, est monté aux Cieux.

La totalité de l'univers comporterait donc trois niveaux, un peu comme une maison, avec de bas en haut une cave: les enfers, un rez-de-chaussée: l'univers visible, un étage : les Cieux.

On peut symboliser la maison mathématiquement, par deux sphères symétriques entrecroisées : celle du haut est l'étage, celle du bas la cave, elles ont une partie commune, le rez-de-chaussée appelé intersection par la théorie des ensembles

Ses acteurs La maison peut aussi être symbolisée algébriquement, à partir des deux sphères, en supposant que la supérieure est l'ensemble des nombres positifs et l'inférieure l'ensemble des nombres négatifs. Les premiers constituent une suite infinie d'ordre croissant, les seconds une suite infinie d'ordre décroissant. Pour parcourir ces suites infinies, il faudrait à leurs occupants respectifs un temps infini, donc une éternité.

Actuellement, en simplifiant à l'extrême dans ce contexte mathématique, les habitants de l'étage : les tenants du oui, seraient chacun représentés par (+1), ceux de la cave : les tenants du non, par (-1), ceux du rez-de-chaussée: les hommes qui ne se sont pas encore prononcés, seraient représentés par les deux symboles et seraient donc, en tant qu'éléments de l'intersection, définis chacun par le couple ((+1)(-1)): leur âme et leur corps en un seul ensemble, une seule personne.

Son sujet A l'origine, selon la Genèse, seul le Ciel était habité, par de purs esprits: les anges. Pourquoi Dieu aurait-Il eu la nécessité, comme on l'a présumé plus haut, d'interroger les anges sur la modalité de création d‘un univers déjà créé? Et, d‘abord, quelle question leur aurait-II posée?

C‘est le théologien jésuite espagnol Francisco Suarez qui a proposé une réponse : Dieu aurait montré, dans le futur, le Verbe Incarné aux anges et leur aurait demandé de L'adorer, certains -un tiers selon l'Apocalypse de St Jean- ont refusé, qu'espéraient-ils? Mais d'abord, en quoi cette demande concernait-elle la création de l'univers?

Actuellement, l'Incarnation-Rédemptrice occulte l'Incarnation-Créatrice dont le sujet est peu traité, même s'il est évidemment admis que le Fils, en tant que Dieu, a bien créé l'univers, mais il n'est pas interdit de le développer.

Dieu connaît en Lui tous les mondes possibles, formés des infinies combinaisons de ses relations intratrinitaires, dont ils sont des images. Mais ces mondes sont virtuels. Pour qu'un d'entre eux devienne réel, il faut que Dieu le fasse participer à Sa réalité , Sa Vie, ce que réalisa l'Incarnation.

Pour que Dieu s'incarne, il fallait que le monde concerné ait déjà une réalité, car le Fils ne pouvait pas s'incarner dans un monde virtuel. Donc, pour le créer, Dieu a doté ce monde d'une vie naturelle en vue de l'Incarnation.

Mais, pour recevoir le Fils, ce monde devait donner son accord, en effet Dieu l'avait nécessairement créé libre - en la personne de son porte-parole l‘ange, l‘homme plus tard - car il était Son image. Or, Dieu était libre de créer ou non, Son image était donc, aussi, libre de dire oui ou non à la création; évidemment, elle ne pouvait pas l'empêcher, mais elle pouvait refuser sa modalité.

Ainsi, le plan de Dieu prévoyait que le Fils s'incarne en l'homme, mais des anges, ne voulant pas adorer un homme, fut-il Dieu, ont pu répondre non. Alors , que voulaient-ils ?

Il y avait une hiérarchie dans la cohorte angélique : le chef, dit Lucifer parce qu'il reflétait au mieux la lumière divine, était donc aussi le plus intelligent. Alors, comment a-t-il pu tomber en enfer? Il chuta parce qu'il n'avait pas prévu l'Immaculée Conception, Mère du nouvel Adam : le Christ, qui par elle s'incarna, comme prévu par Dieu, dans l'univers visible où Il se sacrifiera pour le salut de tous les hommes y compris, selon la Tradition, celui d'Adam.

La bataille

Lucifer savait, de par sa science infuse, que, pour lui transmettre Sa réalité, le Fils devait nécessairement venir dans le monde pour en faire partie. Mais il voulait que, à cet effet, le Fils de Dieu s'unisse à une créature angélique, la plus belle, lui bien sûr, et non à une créature humaine.

Dans ce but, il se faisait fort d'interdire l'accès du Fils à l'univers visible en faisant fermer sa porte par le premier humain. Ce qu'il obtint, selon la Genèse , sous la forme symbolique du serpent et avec la complicité d'Eve, sans avoir prévu qu'une nouvelle Eve, la Vierge Marie, était en réserve, de toute éternité selon le Livre de la Sagesse, pour faire échouer la machination.

En effet si, pour tous les hommes, ainsi contaminés par le péché originel, Adam avait dit non à la venue du Fils dans l'univers, la Vierge, préservée du péché originel, en vue de l'Incarnation, a dit oui pour tous les hommes de tous les temps, rouvrant ainsi non seulement la porte du rez-de-chaussée, de l'univers visible, au Fils mais aussi celle de l'étage, du Ciel, aux hommes qui le voudraient.

Que se passa-t-il dans les Cieux après le refus de Lucifer et de ses anges? On connaît la suite: le combat de l'armée angélique conduite par l'archange Michel contre celle de Lucifer se termina par la chute des mauvais anges dans l'enfer auparavant inhabité.

On peut représenter mathématiquement le processus : les mauvais anges devinrent, par leur négation, l'inverse de ce qu'ils étaient, les (+1) devinrent des (-1) et ainsi le plus beau des anges, Lucifer, devint le plus laid: Satan.

Que devint Adam après sa faute? Selon la Genèse Dieu l'avait prévenu: s'il mangeait le fruit défendu, il mourrait. St Paul précise que, par le péché d'un seul, le péché et la mort sont passés en tous les hommes. Mais qu'est-ce que la mort?

Cet état, pour bien l'expliciter, il faut revenir à la symbolisation mathématique de l'homme par (+1) : son âme et (-1) : son corps. La mort est la disparition de (-1). A ce moment, l'homme ne connaît plus par son corps, (-1), mais par son âme, (+1). C'est le type de connaissance qu'il avait avant le péché originel: il connaissait à travers son âme, ce qui explique sa science infuse et aussi sa confusion lorsque, après son péché: il connut à travers son corps et, toujours dans la Genèse, se vit nu.

Cette bivalence de l'homme fait qu'il est un terrain d'affrontement entre les Bons et les Mauvais anges. puisque par sa partie négative (-1), il a la même nature que les habitants de la cave, l'enfer, et par sa partie positive (+1) la même nature que les habitants de l‘étage, le Ciel.

Le but des habitants de l'étage est de le faire monter avec eux: au Ciel. Le but des habitants de la cave est de le faire descendre avec eux: en enfer, à cet effet, ils tentent d'enrôler les humains pour cette guerre décisive qui, depuis la faute d‘Adam et, après le crime de Caïn, torture l'humanité par ses innombrables conflits, dans les larmes et le sang, entre individus , familles, nations.

Piètre consolation pour Satan et sa troupe: leurs prisonniers, entraînés en enfer après leur mort, subissent, outre la privation de Dieu, la seconde mort de la Bible, celle qui détruit éternellement leurs corps ressuscités. Ste Thérèse d'Avila a décrit la scène. Elle avait vu l'enfer qui lui était réservé si elle l'avait mérité: une cellule dont les murs se refermaient éternellement sur elle, comprimant ainsi infiniment son corps ressuscité.

On peut aussi visualiser mathématiquement le phénomène. En enfer, l'homme damné, symbolisé par (-1), se trouve dans la sphère décrite plus haut: l'ensemble des nombres négatifs où on évolue de moins un à moins infini donc, pour Ste Thérèse d'Avila, vers un rapetissement infini de son volume corporel. Mais Lucifer menait un combat d'arrière-garde, il avait déjà perdu la guerre puisque l'Incarnation était réalisée et, comble de ridicule, il avait lui-même provoqué la faute d'Adam, la Felix Culpa de l'Exultet , qui a établi l'homme, devenu corps du Christ, dans une situation bien supérieure à celle qu'il aurait occupée s'il n'avait pas péché. St Paul le proclame: « là ou le péché a abondé, la grâce a surabondé. »

Alors, pourquoi des hommes sont-ils en enfer? Parce qu'ils l'ont voulu et, comme Satan et ses anges, ils ne changeront pas d'avis. Si on ne peut pas les sortir de l'enfer, on peut les empêcher d'y tomber. Et ce devrait être le souci majeur de toute l'humanité.

Le Christ, réceptacle débordant de grâces suffisantes pour préserver tous les hommes de l'enfer, ne le fait pas toujours. Pourquoi? Parce qu'Il ne peut pas. Pourquoi ne peut-Il pas? Il ne peut pas si on ne le Lui demande pas et, plus précisément, si on répond négativement à sa question fondamentale: « Veux-tu de Moi ? » posée, sous des formes diverses dans les Evangiles ou notre existence, elle est la formulation terrienne de la question posée à Lucifer.

Que faire pour éviter la damnation de quelques-uns de nos frères?

Il faut s'adresser à la Porte du Ciel, Marie, par qui passent toutes nos prières, qu'elle transmet à son fils Jésus, qui ne lui refuse rien, pour qu'Il les exauce. D'où vient ce pouvoir de la Vierge? Du fait qu'elle est à la fois notre mère et mère de Dieu dont elle a, au pied de la croix, vécu le sacrifice pour le salut de tous les hommes, et qu'ainsi l'inépuisable réserve de miséricorde obtenue lui est disponible, pour distribution à tous ses enfants qui le demanderont.

La Communion des Saints - cinquième article du Credo - permet d'unir et de ventiler les prières, de tous les croyants, la Vierge peut les affecter à secourir les personnes les plus en danger d'enfer ou de passage au purgatoire dont elle peut même réduire la peine comme elle l'annonça rue du Bac à Paris où elle conseilla le port de sa Médaille Miraculeuse.

Alors Chrétiens, à vos prières! La Vierge, pour combattre l'enfer, a sans cesse besoin de munitions priantes. Les monastères, les couvents, les prêtres avec leurs indispensables messes n'y suffisent peut-être pas. Et s'il manquait seulement la prière d'un pauvre pécheur ?